Photographie d'Arianne Clément
l y a des moments dans la vie où l’on se surprend à se demander :
« Est-ce que je désire encore ? »
Pas seulement une personne.
Pas seulement du plaisir.
Mais désirer tout court.
Sentir ce frisson qui nous rend vivant, cet élan qui pousse vers l’autre, vers un projet, vers la vie elle-même.
Beaucoup de femmes et d’hommes que je rencontre en massage tantrique arrivent avec la même confession, souvent à voix basse, comme si c’était honteux :
– « Je ne sais plus si j’ai envie de quoi que ce soit. »
– « J’ai tout : travail, famille, confort… mais plus rien qui me fait vibrer. »
– « Je me sens éteint(e), comme si la lumière s’était retirée. »
Ces mots, je les entends encore et encore.
Et à chaque fois, ils parlent d’un vide qui dépasse la simple intimité sexuelle.
Car le désir, au fond, n’est pas qu’une affaire de corps.
C’est un souffle de vie.
Dans notre société, le désir est un mot paradoxal.
On le voit partout, utilisé comme un outil marketing.
Il est l’affiche de la publicité, le carburant de l’érotisme marchand, le moteur invisible de la performance.
On nous pousse à « désirer plus » et à combler sans cesse ce désir.
Et, en même temps, il reste un mot suspect.
On l’associe à la pulsion, au danger, au péché.
On craint qu’il mène à l’égocentrisme, à la dépendance, au chaos.
Entre ces deux extrêmes – désir marchandisé et désir réprimé – beaucoup finissent par s’anesthésier.
Le corps fonctionne, mais il ne vibre plus.
La vie s’écoule, mais sans couleur.
Pourtant, dans la pensée psychanalytique comme dans la spiritualité, le désir est reconnu comme un moteur essentiel.
Sigmund Freud le décrivait comme « la racine de toute énergie psychique ».
Dans le Tantra, il est vu comme la première vibration du divin dans la matière – Shakti, l’énergie vivante, qui danse avec Shiva, la conscience.
Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un besoin animal à combler, mais d’un feu sacré qui nous pousse à exister pleinement.
À force de blessures affectives, de fatigue, de routines étouffantes ou de messages contradictoires sur la sexualité, le corps finit parfois par oublier sa capacité de ressentir.
C., 52 ans, est arrivée un jour pour une séance en me disant :
« Je ne ressens plus rien. Ni envie, ni plaisir. Mon corps… c’est juste un outil pour travailler et pour dormir. Je me sens comme un corps mort. »
P., 47 ans, m’a confié :
« Je ne sais plus si je désire encore. Je fais tout ce qu’il faut – le travail, le couple, le quotidien – mais j’ai l’impression de vivre sur pilote automatique. »
Ces témoignages, je pourrais en citer des dizaines.
Ils révèlent une souffrance qui va bien au-delà de la chambre à coucher : celle de perdre le contact avec le souffle de vie.
Car quand le désir s’éteint, ce n’est pas seulement l’intimité qui s’assombrit.
C’est souvent tout l’élan intérieur qui se fane :
Dans le cadre du massage tantrique, le travail autour du désir ne vise pas à l’assouvir.
Il vise à le réhabiliter.
Tout cela sert à rappeler au corps qu’il est vivant et aimant.
Que les frissons, les soupirs, les larmes ou les élans qui surgissent ne sont pas des faiblesses, mais des signes que l’énergie recommence à circuler.
Et ce feu, une fois réveillé, n’appartient pas à la praticienne :
il appartient à la personne elle-même.
C’est un rappel que l’on peut brûler sans se perdre, que le désir peut devenir un portail vers plus de présence et de joie.
Dans un espace sacré comme celui du Tantra, il retrouve cette double nature :
il enflamme, mais il élève.
Le philosophe Georges Bataille l’écrivait :
Nourrir son désir, ce n’est pas seulement raviver la flamme du couple.
C’est entretenir la flamme de l’être tout entier.
Car le désir, quand il circule librement, devient :
Et contrairement aux idées reçues, le désir ne disparaît pas avec l’âge.
Il s’éteint seulement quand on cesse de l’écouter ou qu’on le réduit à sa dimension pulsionnelle.
I., 60 ans, avait traversé un long deuil et vivait depuis des années dans une sorte de torpeur.
Après quelques séances de massage tantrique, elle m’a dit un jour :
Son désir n’avait pas été « relancé » pour un objectif extérieur.
Il avait simplement été réhabilité comme souffle intérieur.
Et c’est cela qui change tout.
La question à se poser n’est peut-être pas
« Est-ce que je désire ? »,
mais plutôt :
« Quand ai-je ressenti pour la dernière fois un frisson de vie ? »
Peut-être en écoutant une musique.
En marchant dans la nature.
En respirant profondément au lever du jour.
En laissant une main se poser sur votre peau, sans but, juste pour rappeler que vous êtes vivant(e).
Ce frisson, c’est la preuve que votre feu existe encore.
Qu’il n’attend qu’une chose : être nourri.
Et si vous sentez qu’il s’est éteint, sachez qu’il existe des pratiques, des espaces, des accompagnements pour le raviver.
Pas pour vous vendre un fantasme.
Pas pour vous enfermer dans un rôle.
Mais pour vous permettre de retrouver ce souffle sacré qui rend la vie pleine et vibrante.
Parce qu’au fond, le désir n’a qu’une mission :
nous rappeler que nous sommes vivants.
Sous le souffle frémissant du désir retrouvé,
Hajira
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